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20 juin 2026L'équipe ErgoBURO5 min de lecture

Norme NF EN 1335 : ce que tout acheteur B2B doit savoir

La norme NF EN 1335 garantit la sécurité et l'ergonomie des sièges de travail en entreprise. Décryptage de cette certification indispensable pour vos achats B2B.

La norme NF EN 1335 reste la référence la plus connue pour évaluer un siège de travail en environnement professionnel. Pour un acheteur B2B, elle aide surtout à distinguer un produit prévu pour durer d'un modèle plus occasionnel, sécurisant ainsi l'investissement et la santé des équipes.

1. Pourquoi exiger la norme NF EN 1335 en entreprise ?

Lors de l'équipement de vos locaux, la conformité réglementaire protège votre entreprise. Le Code du travail impose à l'employeur de fournir des équipements de travail sûrs et adaptés. La norme NF EN 1335 constitue un repère technique solide pour vérifier que le siège ergonomique choisi répond à des standards de sécurité stricts.

Elle certifie trois aspects fondamentaux :

  • La sécurité : le siège ne basculera pas en arrière, les roulettes sont freinées, les arêtes ne sont pas coupantes.
  • La résistance : les matériaux et le vérin résistent à des milliers de cycles d'utilisation sous charge.
  • L'ergonomie : les dimensions de l'assise, la hauteur du dossier et l'amplitude des réglages permettent de soutenir une posture saine sur la durée.

Ignorer cette norme, c'est s'exposer à un renouvellement prématuré du matériel (casse de vérins, affaissement des mousses) et à une augmentation des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS).

2. Décryptage des tests d'homologation

Pour obtenir la certification, un siège de bureau subit une batterie de tests en laboratoire simulant 5 ans d'usage intensif par un utilisateur de 110 kg.

Parmi ces tests, on retrouve :

  • L'essai de stabilité : application de forces sur le dossier et l'avant de l'assise pour vérifier que le siège ne bascule pas.
  • Le test d'endurance de l'assise et du dossier : une machine applique une charge répétée de 1 000 Newtons sur l'assise et 300 Newtons sur le dossier, pendant 260 000 cycles.
  • Le test des accoudoirs : application de forces latérales et verticales répétées 60 000 fois.
  • L'essai de roulement : test de résistance des roulettes sur différents types de sols.

Seuls les produits conçus avec des composants de haute qualité (mécanismes en aluminium ou acier renforcé, plastiques polyamides chargés en fibre de verre) passent ces tests avec succès.

3. Les trois types de la norme (A, B et C)

La norme NF EN 1335 classe les sièges en trois catégories (Types A, B et C) selon l'amplitude de leurs réglages. Plus la lettre est proche du A, plus le siège s'adapte à un large panel de morphologies.

Type NF EN 1335Caractéristiques et amplitude de réglageUtilisateurs couvertsRecommandation B2B
Type APlages de réglages maximales (hauteur, profondeur d'assise très ample).95 % de la population (petits et grands gabarits).Flex office, postes partagés (24/7), entreprises très exigeantes.
Type BPlages de réglages standards pour l'Europe.La grande majorité des utilisateurs (profils moyens).Postes attribués, aménagement standard d'open space.
Type CRéglages basiques (souvent limité à la hauteur d'assise).Gabarits standards uniquement.Sièges de réunion, postes ponctuels (< 3h/jour).

Pour équiper vos bureaux professionnels, le Type B est le standard minimal à viser. Le Type A devient indispensable si vous passez en flex office, car le même siège sera utilisé le lundi par une personne de 1m60 et le mardi par une personne de 1m90.

4. Sécuriser vos appels d'offres publics et privés

L'intégration de la norme NF EN 1335 dans vos cahiers des charges d'aménagement est un premier filtre qualitatif utile. Elle aide à écarter les produits trop légers pour un usage intensif et permet de comparer des offres techniquement plus homogènes.

Comment l'intégrer dans vos CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) ? Ne demandez pas simplement "un siège ergonomique". Précisez : "Le siège proposé devra obligatoirement être certifié conforme à la norme NF EN 1335 Type B (minimum). Le certificat du laboratoire indépendant devra être joint à l'offre."

Cela vous permet de justifier un investissement légèrement supérieur (souvent autour de 300-450 € HT pour un bon siège Type B) par des arguments de durabilité et de sécurité opposables à votre direction financière.

5. Les limites de la norme et les critères additionnels

La norme NF EN 1335 est une base solide, mais elle ne fait pas tout. Elle s'arrête à 110 kg. Pour les utilisateurs à forte corpulence, il faut vérifier les charges admissibles annoncées par le fabricant et, selon les cahiers des charges, demander des modèles testés pour des usages plus intensifs, par exemple sur des référentiels complémentaires comme la norme britannique BS 5459.

De plus, la norme ne juge pas de la qualité du revêtement. Il vous appartient d'ajouter des critères de résistance à l'abrasion (test Martindale > 50 000 cycles) et des normes de résistance au feu (Classement M1 ou EN 1021-1/2) selon la réglementation de vos locaux (ERP ou bureaux standards).

Enfin, associez toujours un bon siège à un bureau adapté. La norme équivalente pour les bureaux est la NF EN 527, qui encadre les dimensions et la robustesse des tables de travail.

6. La certification environnementale NF Environnement

Aujourd'hui, l'ergonomie doit s'associer à l'éco-responsabilité. En complément de la norme NF EN 1335, recherchez le label NF Environnement Ameublement.

Ce label, délivré par l'AFNOR, certifie non seulement la qualité technique du siège, mais aussi la limitation de ses impacts environnementaux tout au long de son cycle de vie (matériaux recyclables, absence de substances dangereuses, emballages optimisés). C'est un argument de poids pour répondre aux objectifs RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) de votre entreprise et valoriser vos achats responsables.

Questions fréquentes

La norme NF EN 1335 est-elle obligatoire en France ?

Elle n'est pas strictement obligatoire par la loi, mais le Code du travail impose à l'employeur de fournir un équipement adapté et sûr. La norme NF EN 1335 est le meilleur moyen juridique de prouver cette conformité en cas de contrôle ou de litige.

Un siège non certifié est-il dangereux ?

Pas nécessairement à court terme, mais il n'a pas subi les tests d'endurance garantissant sa résistance sur 8h/jour pendant plusieurs années. Le risque de casse du vérin, d'affaissement des mousses ou de développement de TMS est donc statistiquement beaucoup plus élevé.

Comment vérifier qu'un siège est bien certifié NF EN 1335 ?

Le fabricant ou le distributeur doit être en mesure de vous fournir le certificat d'homologation délivré par un organisme indépendant (comme l'institut technologique FCBA en France ou le TÜV en Allemagne). Une simple mention 'conforme à la norme' sur une brochure ne suffit pas.

Quelle est la différence entre NF EN 1335 et la norme BIFMA ?

La NF EN 1335 est la norme européenne, tandis que la norme ANSI/BIFMA X5.1 est un standard nord-américain. Les deux servent à qualifier la robustesse et la sécurité des sièges, mais leurs méthodes d'essai et leurs repères dimensionnels ne sont pas strictement superposables. En Europe, la NF EN 1335 reste la référence la plus simple à exiger dans un cahier des charges.

La norme couvre-t-elle les sièges assis-debout ?

Les tabourets et sièges assis-debout relèvent de recommandations spécifiques, car ils ne disposent généralement pas de dossier ou de mécanismes synchrones complets. La norme NF EN 1335 s'applique aux sièges de travail classiques.

La norme garantit-elle qu'un siège prévient le mal de dos ?

Elle garantit que le siège offre tous les réglages nécessaires pour adopter une posture saine. Cependant, c'est le bon réglage par l'utilisateur (hauteur, tension, lombaires) et l'alternance des postures au cours de la journée qui préviendront réellement les douleurs.